22 août 2016

Marion, 13 ans pour toujours

Marion 13 ans pour toujours - Nora Fraisse


Année de sortie: 2015
Collection: Pocket
Genre: Témoignage
Nombre de pages: 179
Résumé: « Marion, ma fille, le 13 février 2013, tu t’es suicidée à 13 ans, en te pendant à un foulard, dans ta chambre.
Sous ton lit en hauteur, on a trouvé ton téléphone portable, attaché au bout d’un fil, pendu lui aussi pour couper symboliquement la parole à ceux qui, au collège, te torturaient à coups d’insultes et de menaces.
J’écris ce livre pour te rendre hommage, pour dire ma nostalgie d’un futur que tu ne partageras pas avec moi, avec nous.
J’écris ce livre pour que chacun tire les leçons de ta mort. Pour que les parents évitent à leurs enfants de devenir des victimes, comme toi, ou des bourreaux, comme ceux qui t’ont fait perdre pied. Pour que les administrations scolaires s’évertuent à la vigilance, à l’écoute et à la bienveillance à l’égard des enfants en souffrance.
J’écris ce livre pour qu’on prenne au sérieux le phénomène du harcèlement scolaire.
J’écris ce livre pour que plus jamais un enfant n’ait envie de pendre son téléphone, ni de suspendre à jamais sa vie. »

Mon avis:

5/5

La couverture de ce livre, pourtant simple, mais qui en dit déjà beaucoup, m'a interpellée. Le regard de l'adolescente est sincère, son visage à moitié dans l'ombre comme pour symboliser ce que personne n'a deviné. 

J'avais commencé à lire ce livre l'année dernière, directement au magasin. Je l'ai acheté il y a deux jours. Et je l'ai dévoré, je l'ai fini en 2h à peine.

Replaçons le contexte: Nora, mère de Marion, une jeune adolescente de 13 ans, de Clarisse âgée de 9 ans, et de Baptiste, qui n'a que 18 mois.

Un jour, Marion, au collège à ce moment, appelle sa mère et prétend un mal de crâne. Sa grand-mère est donc venue la chercher. Nora, pensant que Marion avait la grippe, l'envoie se reposer dans sa chambre. Le lendemain, sa fille, toujours souffrante, reste à la maison pendant que Nora a des courses à faire. Soudain, elle repense à sa fille: «Et si elle n'allait pas bien? Elle si il y avait eu un cambriolage?». Elle l'appelle: aucune réponse. Prise d'un mauvais pressentiment, elle retourne chez elle. Et là, l'horreur: elle voit sa fille, pendue à un foulard, et le téléphone de cette dernière, pendu également.

Ses parents, brisés, peinent à comprendre: «Pourquoi tu as fait ça Marion? A cause d'une peine de coeur? A cause de nous? Sommes-nous de mauvais parents?». Quelques temps plus tard, les parents apprennent par la presse que Marion a été, comme bien d'autres enfants, victime d'un fléau tabou pour beaucoup: le harcèlement scolaire. 

Seule contre tous, Nora va vouloir savoir ce qui a poussé sa fille à bout. Dans sa quête de vérité, elle sera rejetée, cataloguée, pointée du doigt, insultée de «détractrice», avant d'être victime de rumeurs. Car oui, les victimes doivent se taire. Eh bien non, Nora ne se taira pas. Elle écrit ce livre, son combat contre le harcèlement scolaire, son combat pour la vérité. Le suicide de sa fille, qui a été beaucoup minimisé et a laissé de marbre beaucoup de personnes, dont le directeur du collège.

Ce livre m'a troublée. La plume de l'artiste ne cherche pas à être belle, poétique. Elle est directe, franche, et cherche à crever l'abcès, elle veut faire éclater la vérité et briser le tabou qui entoure le harcèlement au sein de l'école. Elle dénonce ceux qui ferment les yeux, et sa colère quant à ses personnes lâches est palpable. Car, avant tout, Nora aime sa fille. Ce livre est pour ceux qui n'ont pas peur de la vérité. Et j'ai pleuré en lisant ce livre tant les sentiments de l'auteur m'ont prise aux tripes.

Ayant moi-même été victime de ce fléau, ce livre m'a, à de nombreuses reprises, mit les larmes aux yeux. Je ne comprend pas pourquoi ceux qui pourraient aider préfère détourner le regard.

Nora a ouvert sa propre association «Marion Fraisse - La main tendue» sur le harcèlement scolaire. Elle a même témoigné dans de nombreuses émissions.

Néanmoins, ce livre, lisez-le. Sincèrement. Ce livre est vraiment très dur à chroniquer, mais il faut le lire au moins une fois.

Et vous? L'avez-vous lu? Si oui, qu'en avez-vous pensé?

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire